WEC. 6 Heures de Spa 2026. BMW signe un doublé magistral.
- Stéphane CAVOIT

- il y a 3 jours
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BMW a frappé un grand coup à Circuit de Spa-Francorchamps. Au terme d’une édition 2026 des 6 Heures de Spa totalement folle, rythmée par plusieurs neutralisations, des accidents spectaculaires et une tension permanente en piste, la marque bavaroise s’est offert un doublé historique en FIA WEC grâce aux Hypercars n°20 et n°15. Longtemps indécise, l’épreuve belge a finalement basculé en faveur de BMW dans les deux dernières heures, au terme d’une démonstration stratégique et d’une gestion parfaite des relances.

Le départ avait pourtant souri à Peugeot. Auteur de la pole position, Loïc Duval avait parfaitement lancé la Peugeot 9X8 n°94, avant de voir Will Stevens surgir dans la longue ligne droite de Kemmel pour placer la Cadillac n°12 en tête. Derrière, Kevin Magnussen se montrait immédiatement incisif au volant de la BMW n°15, gagnant plusieurs positions dès les premières minutes.
Très tôt, certaines équipes ont choisi de décaler leur stratégie. Toyota, avec la n°8, ouvrait le bal après seulement 37 minutes de course, rapidement imitée par la BMW n°20. Un choix qui allait s’avérer décisif plus tard dans l’épreuve. Pendant ce temps, Cadillac connaissait déjà ses premiers ennuis. Après un contact avec la Porsche GT3 n°92, la Cadillac n°38 terminait dans les graviers avant de devoir repasser aux stands à cause d’une crevaison. À l’avant, la Cadillac n°12 profitait de la situation pour creuser un léger écart sur l’Alpine n°35 de Ferdinand Habsburg, tandis que la Peugeot n°94 commençait progressivement à perdre du terrain. La première moitié de course restait extrêmement serrée. Derrière les leaders stratégiquement décalés, tout le plateau Hypercar roulait dans un mouchoir de poche. Entre l’Alpine n°35, troisième, et la Ferrari n°83, l’écart ne dépassait pas quarante secondes à mi-parcours.

Dans le clan Genesis, la journée virait au casse-tête. La n°19 était contrainte de rentrer au garage à cause d’un problème électrique, tandis que Mathieu Jaminet rencontrait lui aussi une perte de puissance dans Kemmel avant de pouvoir repartir sans immobilisation prolongée.
Puis la course a complètement changé de visage dans les deux dernières heures. D’abord avec un accrochage entre la BMW n°15 de Dries Vanthoor et la Ferrari n°51 de James Calado. Partie en tête-à-queue, la BMW perdait un temps précieux alors qu’elle occupait une position idéale. Peu après, Sébastien Bourdais immobilisait la Cadillac n°38 sur problème technique à l’entrée des stands, provoquant l’abandon de l’équipage américain. Mais le tournant majeur de l’épreuve concernait Peugeot. Après un arrêt ravitaillement, la n°94 de Malthe Jakobsen tombait sur la Mercedes GT3 n°79 partie en tête-à-queue. Le Danois ne pouvait éviter le contact. Très lourdement endommagée à l’avant gauche, la 9X8 regagnait péniblement son stand en perdant plusieurs éléments de carrosserie. La voiture de sécurité était immédiatement déployée, avant l’abandon définitif de la Peugeot.

La relance suivante donnait lieu à une énorme explication entre Toyota, Alpine, Ferrari et BMW. Profitant d’un léger contact entre la Toyota n°8 et l’Alpine n°35, la BMW n°15 récupérait une place précieuse avant que la Ferrari n°50 ne dépasse à son tour l’Alpine dans Kemmel. Devant, la BMW n°20 prenait alors le contrôle total de la course. Profitant d’un trafic parfaitement négocié et d’une excellente exécution stratégique, l’Hypercar allemande creusait progressivement l’écart. La dernière heure allait cependant replonger Spa dans le chaos.
La Ferrari n°51 était éliminée après un spectaculaire accrochage impliquant également la BMW GT3 n°32 et la Porsche Manthey n°91 au premier virage. Dans le même temps, la Lexus n°78 d’Akkodis ASP abandonnait elle aussi sur problème mécanique. Après une longue neutralisation, une nouvelle relance musclée provoquait un autre incident majeur : Antonio Felix Da Costa envoyait l’Aston Martin n°009 dans l’herbe avant que celle-ci ne termine sa course contre les rails dans Kemmel. Nouvelle voiture de sécurité. Cette succession de neutralisations profitait notamment à Genesis. Malgré ses soucis initiaux, la marque sud-coréenne revenait dans le top 10 grâce à une gestion impeccable de la n°17.

Même Alpine allait vivre une énorme frayeur. Peu après la dernière relance, la n°35 subissait un violent coup de raquette au sommet du Raidillon, endommageant sa suspension. Par miracle, la voiture pouvait rejoindre les stands et poursuivre la course. Dans les ultimes tours, toute l’attention se concentrait sur la bataille pour le podium. Si la BMW n°20 semblait intouchable vers la victoire, la lutte faisait rage derrière entre la BMW n°15, la Ferrari n°50 et la Toyota n°7. Tom Gamble ajoutait encore au spectacle avec un superbe dépassement sur la Toyota aux Combes au volant de l’Aston Martin n°007. Finalement, Kevin Magnussen résistait jusqu’au drapeau à damier pour sécuriser la deuxième place et offrir à BMW un doublé historique en championnat du monde d’endurance.

Au-delà de la victoire allemande, cette édition 2026 des 6 Heures de Spa restera comme l’une des courses les plus animées et imprévisibles de la saison. Et aussi comme un week-end fondateur pour Genesis, qui décroche ses premiers points en WEC grâce à une remarquable huitième place de la n°17.
Crédit photos : Willy CHANTELOUP / RACINGSHOOTS







