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WEC. Geely renonce à reprendre les A424 pour 2027.

il y a 17 heures
4 min de lecture

Alors qu’un accord semblait imminent, le groupe chinois Geely a finalement abandonné les négociations pour reprendre le programme Alpine A424 avec Signatech. Faute d’accord financier avec Renault, les deux prototypes français ne seront pas engagés en Championnat du Monde d’Endurance en 2027. Le plateau Hypercar comptera donc neuf constructeurs, malgré l’arrivée annoncée de Ford et McLaren. L’annonce du retrait d’Alpine, officialisée l’an dernier, avait laissé planer l’espoir de voir les A424 poursuivre leur carrière sous une autre bannière. Plusieurs pistes avaient été étudiées, à commencer par BYD, avant que le constructeur chinois ne se retire à son tour. Geely constituait la dernière opportunité sérieuse de sauver le programme, mais les discussions n’ont finalement pas abouti.

Les négociations semblaient pourtant bien engagées. Des représentants de Geely s’étaient rendus à Viry-Châtillon pour visiter les installations d’Alpine Tech et évaluer la capacité industrielle à assurer la continuité du programme. Une annonce était même attendue à la fin du mois de septembre, au lendemain des 6 Heures de Fuji. Mais le projet a finalement échoué sur la question financière. Selon les informations disponibles, Renault aurait demandé un montant supérieur à celui que Geely était disposé à investir. Les sommes précises n’ont pas été communiquées, mais plusieurs millions d’euros auraient séparé les deux parties. Geely, déjà présent en sport automobile à travers sa filiale Lynk & Co en TCR World Tour, ne deviendra donc pas le dixième constructeur de la catégorie Hypercar. Le groupe aurait pu engager les A424 sous son propre nom ou celui d’une autre marque de son portefeuille, comme Lotus. Cet échec rappelle, dans une certaine mesure, les négociations avortées entre Red Bull et Porsche en Formule 1 en 2022. Mais, dans le cas d’Alpine, c’est avant tout le désaccord sur le financement qui aurait scellé le sort du programme.

La disparition du programme d’endurance s’inscrit dans une série de décisions stratégiques du groupe Renault qui ont profondément modifié les ambitions sportives d’Alpine. Après l’abandon du projet Dakar avec Dacia, le constructeur a également renoncé à son programme moteur de Formule 1, laissant place à une monoplace Alpine équipée d’un châssis conçu par une structure britannique et d’un moteur Mercedes. En endurance, cette décision réduit à néant plusieurs années de travail menées par Signatech et ses équipes sous la direction de Philippe Sinault. Après une première expérience en 2012, la structure de Bourges était présente sans interruption en WEC depuis 2015, passant du LMP2 à la catégorie reine. Les A424 avaient pourtant démontré leur potentiel. En 2025, Charles Milesi, Ferdinand Habsburg et Paul-Loup Chatin avaient offert à Alpine une victoire aux 6 Heures de Fuji, lors de la 100éme course du championnat. La marque avait également décroché plusieurs podiums, dont un nouveau résultat de premier plan au Japon avec l’A424 n°36 de Jules Gounon et Victor Martins.

WEC. Geely renonce à reprendre les A424 pour 2027.

Les 24 Heures du Mans auront toutefois constitué une déception. Après des problèmes moteurs en 2024, les éditions 2025 et 2026 n’ont pas permis à Alpine de concrétiser ses ambitions sur la classique mancelle. La fin du programme laisse désormais plusieurs pilotes dans l’incertitude. Charles Milesi, Ferdinand Habsburg, Frédéric Makowiecki, Jules Gounon et Victor Martins pourraient se retrouver sans volant en WEC pour la saison 2027. António Félix da Costa devrait, pour sa part, rejoindre Cadillac, où il retrouverait l’écurie Jota.

WEC. Geely renonce à reprendre les A424 pour 2027.

Le retrait d’Alpine représente également une occasion manquée pour Signatech, qui aurait pu tenter de poursuivre l’aventure avec les A424 sous sa propre responsabilité. Mais le règlement Hypercar impose qu’un prototype soit associé à un constructeur automobile, empêchant une structure indépendante de reprendre simplement le programme en son nom. Cette contrainte réglementaire met en lumière les limites d’un système dans lequel le savoir-faire d’une équipe ne suffit pas à assurer la survie d’un projet, même lorsque la voiture dispose d’un potentiel compétitif.

L’Hypercar face aux départs successifs de constructeurs

Depuis les débuts de la catégorie Hypercar en WEC et de son équivalent GTP en IMSA, plusieurs programmes constructeurs ont déjà disparu ou sont appelés à s’interrompre. Glickenhaus, Vanwall et Isotta Fraschini ont subi les difficultés rencontrées par des structures indépendantes face aux moyens considérables des grands constructeurs. Porsche a, de son côté, choisi de quitter le WEC pour concentrer ses efforts sur l’IMSA avec la 963, sans certitude quant à la poursuite de son programme au-delà de 2027.

Glickenhaus

Lamborghini n’aura effectué qu’une seule saison complète en WEC avec son prototype SC63, dans un contexte marqué par des difficultés de collaboration avec ses partenaires Ligier et Iron Lynx. En IMSA, Acura s’apprête également à mettre son ARX-06 de côté, après avoir renoncé à une arrivée en championnat du monde sous la bannière Honda. Cette décision a aussi privé Inter Europol Competition d’une possible promotion en Hypercar. Dans ce paysage en constante évolution, Alpine rejoint donc la liste des programmes abandonnés, malgré les efforts de Signatech pour installer durablement la marque au plus haut niveau de l’endurance.

Neuf constructeurs au départ en 2027

Avec les arrivées de Ford et McLaren, le plateau Hypercar devrait réunir 19 voitures en 2027. Si Geely avait repris les deux Alpine A424, le total aurait pu atteindre 21 prototypes, pour dix constructeurs représentés. Le scénario ne se réalisera pas. À moins d’un improbable retournement de situation, Signatech devra désormais se tourner vers d’autres perspectives pour poursuivre son activité en sport automobile.

L’arrêt du programme Alpine constitue ainsi un véritable gâchis sportif et industriel. Au-delà de la disparition de deux voitures du plateau, c’est le travail d’une équipe française expérimentée qui se retrouve sans débouché immédiat. Une situation qui pose une nouvelle fois la question de la dépendance de la catégorie Hypercar aux décisions stratégiques et financières des constructeurs automobiles.

Crédit photos : Willy CHANTELOUP / RACINGSHOOTS

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