BOL D’OR 2026. La BMW n°37 s’impose au Castellet et décroche le titre mondial.
Un an après avoir vu le titre lui échapper dans les derniers instants, la BMW n°37 du BMW Motorrad World Endurance Team a pris sa revanche au Castellet. Victorieuse de la 89e édition du Bol d’Or après 24 heures de course, la machine allemande offre à BMW son premier titre mondial en Endurance Moto et permet à un constructeur européen d’entrer pour la première fois au palmarès du championnat du monde EWC. Le scénario rêvé s’est finalement concrétisé pour le BMW Motorrad World Endurance Team. Partie depuis la pole position, la BMW n°37 a résisté durant 24 heures à la pression de ses principaux rivaux pour franchir la ligne d’arrivée en tête avec 742 tours parcourus.

Markus Reiterberger, Steven Odendaal et Michael van der Mark ont devancé la Suzuki n°12 Yoshimura SERT Motul, confiée à Gregg Black, Étienne Masson et Dan Linfoot, puis la Yamaha n°1 du YART Yamaha Official EWC Team, pilotée par Marvin Fritz, Karel Hanika et Leandro Mercado. Au-delà de la victoire dans cette 89éme édition du Bol d’Or, la BMW n°37 réalise surtout une opération exceptionnelle au championnat en s’adjugeant la couronne mondiale.
BMW prend immédiatement les commandes
La victoire n’a pourtant rien eu d’une promenade de santé. Depuis la pole position, la BMW n°37 s’est fait surprendre au départ par la Suzuki n°12, qui a pris les commandes dès l’extinction des feux. La réaction de la BMW ne s’est toutefois pas fait attendre. Dès le premier tour, la machine allemande reprenait la tête et entamait son travail de construction de la victoire.

Durant les premières heures, la BMW devait également composer avec la pression de la Honda n°5 du F.C.C. TSR Honda France, alors solidement installée aux avant-postes. La course s’est progressivement transformée en une bataille stratégique, la consommation de carburant jouant un rôle déterminant. La structure dirigée par Werner Daemen a parfaitement maîtrisé cet aspect de l’épreuve. En adoptant une gestion particulièrement efficace de son carburant, la BMW n°37 a pu maintenir un rythme élevé tout en espaçant ses ravitaillements.
Au passage des huit heures, la BMW était toujours en tête. Elle ne quittera plus cette position jusqu’au drapeau à damier. La performance est d’autant plus remarquable que la BMW n°37 réalise un grand chelem au championnat. Déjà auteur de la pole position, elle a également occupé la première place aux différents points de bonification des 8 heures, 16 heures et de l’arrivée. Résultat : 65 points inscrits sur 65 possibles.
Cette moisson maximale permet à BMW de dépasser le YART au classement du championnat et de décrocher un titre mondial qui semblait encore hors de portée avant le départ du Bol d’Or.

BMW écrit une nouvelle page de l’EWC
Cette victoire restera historique pour le constructeur allemand. BMW devient en effet le premier constructeur européen à remporter le championnat du monde d’Endurance Moto. Un an après avoir connu une immense déception au même endroit, le BMW Motorrad World Endurance Team tient enfin sa consécration. L’émotion était évidemment immense dans le box de la BMW n°37 à l’arrivée. Après 24 heures de tension, Sven Blusch, manager de BMW Motorrad Motorsport, n’a pu retenir ses larmes devant les caméras. Pour Markus Reiterberger, Steven Odendaal et Michael van der Mark, cette victoire vient également récompenser une course parfaitement maîtrisée.
Nouveau record avec 742 tours
La BMW n°37 ajoute à son titre un nouveau record sur le circuit Paul-Ricard. Avec 742 tours couverts en 24 heures, elle améliore l'ancienne référence établie par la Suzuki n°12 en 2024, avec 737 tours. La performance est d’autant plus impressionnante que les trois machines du podium ont toutes dépassé cette ancienne marque. La Suzuki n°12 a bouclé 741 tours, tandis que la Yamaha n°1 en a parcouru 740. Trois tours seulement séparent donc la BMW de la Yamaha après 24 heures de course.

Le SERT deuxième et troisième du championnat
La Suzuki n°12 Yoshimura SERT Motul a connu une course mouvementée. Après un excellent départ, elle a progressivement reculé dans la hiérarchie jusqu’au cinquième rang avant de refaire son retard au cours de la nuit. A l’image de BMW, la Suzuki a notamment pu compter sur une excellente gestion de la consommation de carburant pour remonter au classement. Gregg Black, Étienne Masson et Dan Linfoot offrent finalement la deuxième place au Yoshimura SERT Motul, à seulement un tour de la BMW. Ce résultat permet à la formation française de terminer troisième du championnat du monde EWC.

Le YART abandonne sa couronne mondiale
La Yamaha n°1 du YART Yamaha Official EWC Team termine troisième et voit ainsi le titre mondial lui échapper. Septième sur la grille de départ, la Yamaha n’a pas immédiatement affiché le même rythme que les deux principales références de l’épreuve. La formation autrichienne a également perdu de précieuses secondes lors d’un incident dans la voie des stands. Une béquille de ravitaillement est en effet restée accrochée à la roue arrière de la Yamaha. Karel Hanika a dû s’arrêter à la sortie de la voie des stands afin de retirer l’élément, concédant ainsi un temps précieux. Le YART a ensuite profité des difficultés rencontrées par la Honda n°5 pour monter sur le podium.

La chute de la Honda n°5 change la donne
Longtemps installée dans le groupe de tête, la Honda n°5 F.C.C. TSR Honda France occupait une position qui lui permettait d’envisager un nouveau podium au Bol d’Or. Mais une chute de John McPhee, en fin de matinée dimanche, a mis fin aux ambitions de la formation japonaise. La Honda termine finalement quatrième, devant la Kawasaki n°11 Webike Trickstar, qui complète le top 5.
Wójcik s’impose en Superstock
La meilleure performance en Superstock revient à la Honda n°77 du Wójcik Racing Team, sixième du classement général avec 717 tours.
La catégorie SST aura également été marquée par la performance de la 3ART Best Of Bike Hamaguchi n°36, septième au général avec 715 tours.
En Experimental, la Team Metiss n°45 termine à une remarquable 14éme place, tandis que la victoire en Production revient à la Yamaha n°26 de l’Audemar Moto-club Gémenos, classée 22éme au général. Une victoire à domicile particulièrement appréciée par la formation varoise.

Une fin de saison à couper le souffle
Au terme des 24 heures de course, le suspense du championnat aura donc été maintenu jusqu'au bout. Le YART, leader avant le Bol d’Or, devait défendre sa couronne face à une BMW n°37 revenue très fort dans la deuxième partie de saison. La formation allemande n’a laissé aucune place au hasard : pole position, victoire, meilleur résultat aux différents points de passage et record de distance. Avec ses 742 tours, la BMW n°37 remporte ainsi la 89éme édition du Bol d’Or et décroche surtout le premier titre mondial de son histoire en Endurance Moto. Une victoire historique pour BMW, une première pour un constructeur européen et une revanche éclatante, un an après la désillusion vécue au même endroit.
Crédit photos : Jean Marie FARINA / RACINGSHOOTS



