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24 Heures du Mans 2026. A mi-course, Cadillac devant.

La nuit a bouleversé la hiérarchie de cette 94éme édition des 24 Heures du Mans. Après douze heures de course, Cadillac s’est installée aux commandes tandis que Ferrari a vu l’une de ses principales armes perdre toute chance de victoire. Derrière, Toyota et BMW restent à l’affût dans une course plus ouverte que jamais. Lorsque les horloges ont marqué les douze heures de course, rien n’était encore joué sur le grand circuit de la Sarthe. Mais la nuit mancelle a déjà laissé son empreinte sur cette édition 2026, mêlant incidents, choix stratégiques décisifs et premières désillusions pour certains favoris.

24 Heures du Mans 2026. A mi-course, Cadillac frappe fort devant.

Cadillac prend l'avantage dans une bataille à quatre constructeurs

Peu après minuit, un premier coup de théâtre est venu perturber le déroulement de l'épreuve. La Ferrari 296 LMGT3 Evo n°54 de Vista AF Corse est sortie violemment de la piste dans le secteur des S de la Forêt, provoquant une neutralisation de 45 minutes et son abandon définitif. Au moment de la relance, à 0 h 23, la Toyota GR010 Hybrid n°8 de Sébastien Buemi, Brendon Hartley et Ryo Hirakawa occupait encore la tête devant la BMW n°20 et la Cadillac n°12 du Hertz Team JOTA. Mais la stratégie pneumatique allait rapidement redistribuer les cartes. Tandis que Toyota persistait avec les gommes medium, Cadillac avait choisi d'exploiter les pneus tendres sur ses trois prototypes. Un pari audacieux qui a progressivement porté ses fruits.

À 1 h 33, une légère erreur de Brendon Hartley au virage de Mulsanne a permis à la Cadillac n°12 de revenir dans son sillage. Quelques instants plus tard, BMW décidait elle aussi de passer aux pneus tendres sur sa n°20, confirmant que les conditions nocturnes favorisaient ce choix. Au fil des relais, Cadillac a fini par prendre le dessus. À mi-course, la V-Series.R n°12 pilotée par Louis Delétraz, Will Stevens et Norman Nato mène les débats avec plus de quinze secondes d'avance sur la BMW n°20.

24 Heures du Mans 2026. A mi-course, Cadillac frappe fort devant.

Ferrari n°50 anéantie par un problème technique

Le principal fait de course de cette première moitié d'épreuve concerne Ferrari. À 0 h 25, la Ferrari 499P n°50, encore parfaitement placée dans la lutte pour le podium, s'est immobilisée dans son stand pour un problème lié à son système d'extinction embarqué. Les mécaniciens ont dû intervenir longuement sous le siège du pilote. La voiture n'est repartie qu'à 0 h 53 après vingt-huit minutes d'arrêt. Une éternité aux 24 Heures du Mans.

Retombée au-delà du Top 20 avec huit tours de retard, la n°50 a vu ses espoirs de victoire pratiquement s'envoler. Un coup dur pour la marque italienne, qui visait un quatrième succès consécutif dans la Sarthe. L'autre Ferrari privée engagée par AF Corse, la n°83, reste quant à elle dans le match malgré un déficit de performance identifié par Robert Kubica.

« Nous avons du rythme, mais nous perdons beaucoup de temps dans les lignes droites et à l'accélération. Nous devons nous concentrer sur ce que nous pouvons contrôler et attendre les opportunités », a analysé le pilote polonais.

Genesis découvre la dure réalité du Mans

Pour sa toute première participation dans la catégorie Hypercar, Genesis Magma Racing continue son apprentissage accéléré. Les deux GMR-001 Hypercar ont longtemps affiché une belle fiabilité et un rythme encourageant. Mais la nuit mancelle a rappelé la rudesse de l'épreuve. À 3 h 25, la Genesis n°19 de Paul-Loup Chatin s'est immobilisée entre Arnage et Indianapolis. Grâce aux indications transmises par radio, le pilote français est parvenu à repartir, mais l'incident a coûté près de dix minutes à l'équipage. Malgré ce contretemps, le constructeur coréen poursuit son objectif principal : rallier l'arrivée pour accumuler de l'expérience.

« L'enjeu numéro un est de se présenter et de rallier l'arrivée. Ensuite, nous construirons dans la durée », rappelait récemment Cyril Abiteboul, directeur de Genesis Magma Racing.

Duqueine résiste en LMP2

La catégorie LMP2 continue d'offrir l'un des spectacles les plus serrés de cette édition. La bataille oppose principalement l'Oreca n°30 du Duqueine Team à l'Oreca n°43 d'Inter Europol Competition, les deux formations se relayant régulièrement en tête selon les cycles de ravitaillement. L'équipage de la n°30, composé de Doriane Pin, Julien Andlauer et Richard Verschoor, occupe la première place après douze heures d'une lutte intense où chaque détail compte. L'accident de l'Oreca n°25 d'Algarve Pro Racing à Arnage, peu après 3 heures du matin, a rappelé à quel point la moindre erreur peut coûter cher dans cette catégorie extrêmement homogène.

Corvette mène une LMGT3 toujours indécise

En LMGT3, la Corvette Z06 LMGT3.R n°33 du TF Sport poursuit sa démonstration. Ben Keating, Jonny Edgar et Nicky Catsburg occupent la tête devant l'Aston Martin Vantage n°27 du Heart of Racing Team. Les deux Lexus RC F LMGT3 de l'Akkodis ASP Team restent également parfaitement placées dans la lutte pour le podium. Rien n'est cependant figé puisque les quinze premiers de la catégorie évoluent encore dans le même tour à mi-course, un écart infime qui promet une seconde moitié de course particulièrement animée.

Le classement général après 12 heures

  • Cadillac V-Series.R n°12 (Cadillac Hertz Team JOTA) – 192 tours

  • BMW M Hybrid V8 n°20 (BMW M Team WRT) à 15"360

  • Toyota GR010 Hybrid n°8 (Toyota Gazoo Racing) à 20"725

  • Cadillac V-Series.R n°38 (Cadillac Hertz Team JOTA) à 1'10"191

  • Toyota GR010 Hybrid n°7 (Toyota Gazoo Racing) à 2'06"396

Leaders par catégorie

  • Hypercar : Cadillac n°12

  • LMP2 : Oreca n°30 Duqueine Team

  • LMGT3 : Corvette n°33 TF Sport

Meilleur tour en course

  • Earl Bamber (Cadillac n°38) : 3'26"370 au 123éme tour.

Abandons après 12 heures

  • Mercedes-AMG LMGT3 n°79 Iron Lynx

  • Mercedes-AMG LMGT3 n°61 Iron Lynx (suspension arrière droite)

  • Corvette Z06 LMGT3.R n°13 Thirteen Autosport (problème mécanique)

  • Ferrari 296 LMGT3 Evo n°54 Vista AF Corse (sortie de piste)

À l'aube, Cadillac possède l'avantage, mais l'écart reste faible face à BMW et Toyota. Avec encore douze heures à parcourir, la moindre neutralisation, une erreur de pilotage ou un problème mécanique peuvent totalement rebattre les cartes. Plus que jamais, cette édition 2026 demeure ouverte.

Crédit photos : Fabrice GUYON / RACINGSHOOTS

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