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24 Heures du Mans 2026. La grille de départ.

A quelques heures du départ de la 94éme édition des 24 Heures du Mans, une certitude s'impose : personne ne se présente en favori incontestable. Depuis le début de la semaine, les cartes n'ont cessé d'être redistribuées dans les trois catégories. En Hypercar, cinq constructeurs différents ont signé le meilleur temps d'au moins une séance. En LMGT3, les écarts sont infimes. En LMP2, la moindre erreur pourrait coûter plusieurs positions. Au terme d'une Hyperpole spectaculaire, BMW a décroché la première pole position mancelle de son histoire et s'élancera samedi à 16 heures depuis la position de pointe. Un exploit historique qui ne garantit pourtant rien dans une épreuve où la performance pure ne représente qu'une infime partie de l'équation.

24 Heures du Mans 2026. La grille de départ.

Hypercar : BMW frappe fort, mais la bataille ne fait que commencer

Jamais depuis le début de la semaine une équipe n'est parvenue à imposer sa loi durablement. Aston Martin avait donné le ton lors de la Journée Test. Cadillac a ensuite dominé les Essais Libres 1, Toyota les Essais Libres 2, Alpine les qualifications, BMW les Essais Libres 3 avant de conclure en beauté lors de l'Hyperpole. Cette alternance permanente illustre parfaitement l'incroyable densité du plateau Hypercar. Grâce à un remarquable tour en 3'22"564, Dries Vanthoor a offert à la BMW M Hybrid V8 n°15 du BMW M Team WRT la première pole position de la marque allemande aux 24 Heures du Mans. Le Belge a également effacé le précédent record Hypercar du circuit. Avec la BMW n°20 de Robin Frijns en quatrième position, le constructeur bavarois place deux voitures dans le top 4 et confirme son impressionnante montée en puissance.

« Être en pole au Mans est quelque chose d'incroyable. Mais notre véritable objectif reste la victoire. Il faudra éviter la moindre erreur pendant 24 heures », rappelait toutefois Vanthoor après sa performance.

Derrière BMW, Cadillac apparaît sans doute comme la formation la plus constante de la semaine. La Cadillac n°38 du Hertz Team JOTA avait même signé le meilleur chrono absolu de l'Hyperpole avant de voir son temps annulé à la suite d'une infraction dans la procédure de sortie des stands. Malgré ce revers, les trois Cadillac figurent dans le top 10. La régularité affichée par le constructeur américain impressionne d'autant plus que ses voitures sont restées aux avant-postes quelles que soient les conditions de piste et de température rencontrées depuis dimanche.

« Nous avons démontré que nous possédions un excellent rythme. Même sans la pole, nous savons que nous serons dans la lutte », confiait Jack Aitken après sa mésaventure.

Ferrari et Toyota en embuscade

Plus surprenant sur le papier, Toyota ne s'élancera que des 14éme et 15éme positions tandis que Ferrari place sa voiture victorieuse en titre, la n°83, au 17éme rang. Les Ferrari officielles n°51 et n°50 partiront respectivement 8éme et 12éme. Des résultats qui ne reflètent probablement pas le véritable potentiel de ces deux géants de l'endurance. Les équipes japonaises et italiennes ont surtout concentré leur travail sur les longs relais et la préparation de la course, là où se gagne réellement Le Mans. Avec huit des neuf dernières éditions remportées par Toyota ou Ferrari, personne n'ose les écarter de la liste des prétendants.

Alpine rêve d'un exploit français

Troisième sur la grille après avoir dominé les qualifications, Alpine confirme sa progression constante depuis son arrivée dans la catégorie reine. Jamais hors du top 7 durant toute la semaine, la marque française affiche une régularité remarquable. Après sa première victoire en Championnat du monde d'endurance l'an dernier à Fuji, le constructeur tricolore semble désormais disposer des armes nécessaires pour viser un résultat historique en Sarthe. A l'inverse, Peugeot n'a pas réussi à transformer ses ambitions en performance pure avec les 9X8 n°93 et n°94 reléguées en fond de peloton Hypercar. Mais sur 24 heures, les Lionnes espèrent profiter des circonstances pour remonter dans la hiérarchie.

Genesis, la sensation de la semaine

La révélation de cette édition porte incontestablement les couleurs de Genesis. Pour sa première participation aux 24 Heures du Mans, le constructeur coréen a réussi à placer ses deux prototypes en Hyperpole 2. La GMR-001 n°19 partira sixième tandis que la n°17 s'élancera depuis la neuvième position. L'exploit est d'autant plus remarquable que le jeune Mathys Jaubert, seul pilote Silver engagé en Hypercar, a réalisé sa performance malgré un problème d'affichage dans son cockpit.

Enfin, Aston Martin, brillante lors de la Journée Test, semble avoir perdu un peu de terrain face à la montée en puissance de ses concurrents. Les Valkyrie n°009 et n°007 partiront respectivement 7éme et 11éme. Plus que jamais, la grille de départ ne représente qu'une photographie instantanée d'une catégorie où tout reste à écrire.

LMP2 : un duel permanent entre jeunesse et expérience

Comme souvent, le LMP2 promet une lutte acharnée. Les écarts sont infimes et les dix premiers se tiennent en un peu plus de deux secondes. Initialement auteur du meilleur temps, Esteban Masson et la n°29 Forestier Racing by Panis ont perdu la pole à la suite d'une pénalité pour gêne. L'Oreca n°28 d'IDEC Sport récupère ainsi la première place sur la grille.

Dans une catégorie aussi homogène, la victoire se jouera probablement dans les stands, dans la gestion du trafic et dans la capacité des équipages à éviter les erreurs. La jeunesse sera notamment représentée par l'équipage de la Cool Racing n°37 composé d'Adrien Clomesnil, Ian Aguilera et Theodor Jensen, dont la moyenne d'âge dépasse à peine 19 ans. Face à eux, des équipes rompues à l'exercice, à l'image d'Inter Europol Competition, double vainqueur récent de la catégorie, comptent bien faire parler leur expérience. Autre enseignement notable : quatre équipages Pro-Am figurent dans le top 10. Si certains pilotes d'usine ont permis de réaliser d'excellents chronos en qualification, la réalité d'une course de 24 heures remettra tous les équipages sur un pied d'égalité. Au Mans, la cohésion du trio reste souvent plus importante que la vitesse pure d'un seul pilote.

LMGT3 : une guerre des constructeurs qui s'annonce passionnante

La catégorie LMGT3 s'annonce comme l'une des plus indécises de ces dernières années. Depuis le début de la semaine, Ferrari, Lexus, BMW, Aston Martin, Ford et Corvette ont tour à tour occupé la première place d'une séance. Les performances sont extrêmement serrées et la moindre variation de température suffit à rebattre les cartes. Auteur d'un nouveau record de la catégorie en 3'52"433, Mattia Drudi a offert la pole position à l'Aston Martin Vantage GT3 n°27 du Heart of Racing Team. Déjà poleman en 2025, l'Italien confirme son aisance dans l'exercice et permet à Aston Martin d'affirmer un peu plus sa domination sur l'Hyperpole LMGT3.

Mais la qualification n'est qu'une partie de l'histoire.

Le règlement impose la présence d'un pilote Bronze dans chaque équipage, et leur contribution sera déterminante au fil des 24 heures. Plus encore que dans les autres catégories, la victoire se construira grâce à l'équilibre et à la complémentarité de chaque trio. Reste une interrogation majeure : quelqu'un pourra-t-il mettre fin à l'hégémonie de Porsche ? Invaincue depuis la création du LMGT3 aux 24 Heures du Mans, la marque allemande a remporté les éditions 2024 et 2025. Malgré une présence discrète en qualifications, les deux Porsche engagées figurent une nouvelle fois parmi les candidats les plus crédibles à la victoire. Dans une catégorie où neuf constructeurs se tiennent en quelques dixièmes, la réponse ne viendra qu'au terme d'une longue nuit mancelle qui s'annonce déjà exceptionnelle.

Crédit photos : Willy CHANTELOUP / RACINGSHOOTS

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