WEC. Le point en Hypercar avant la reprise du championnat.
- Stéphane CAVOIT

- il y a 2 minutes
- 5 min de lecture
Toyota mène la danse, BMW passe à l’offensive
Après quatre manches particulièrement disputées, le Championnat du Monde d’Endurance de la FIA aborde sa traditionnelle trêve estivale avec un scénario que peu auraient imaginé quelques mois plus tôt. Revenue au premier plan après une saison 2025 particulièrement frustrante, Toyota occupe la tête du classement constructeurs. Mais derrière le géant japonais, BMW a clairement changé de dimension et s’affirme désormais comme son principal rival. La deuxième partie de saison promet donc une bataille particulièrement intense, avec encore quatre rendez-vous au programme et des écarts suffisamment réduits pour que la hiérarchie puisse encore être profondément bouleversée.

Toyota, le retour au premier plan
Douze mois sans victoire : le bilan de Toyota à l’issue de la saison 2025 avait de quoi surprendre pour le constructeur le plus titré de l’histoire du FIA WEC. La marque japonaise a donc abordé 2026 avec l’ambition de retrouver immédiatement les avant-postes et, surtout, de renouer avec le succès. L’arrivée de la nouvelle TR010 Hybrid a rapidement confirmé ces ambitions. Dès l’ouverture du championnat à Imola, Sébastien Buemi, Brendon Hartley et Ryō Hirakawa ont offert à Toyota une victoire particulièrement convaincante, au terme d’un duel serré avec la Ferrari 499P des champions du monde en titre Antonio Giovinazzi, James Calado et Alessandro Pier Guidi. À Spa-Francorchamps, la situation s’est révélée beaucoup plus compliquée. Partie seulement de la 12e position, la Toyota n°7 de Kamui Kobayashi, Mike Conway et Nyck de Vries a néanmoins réalisé une remarquable remontée jusqu’à la cinquième place.
Quelques semaines plus tard, le même trio allait entrer dans l’histoire en remportant la 94éme édition des 24 Heures du Mans. Au terme d’une bataille spectaculaire face à BMW et Cadillac, Toyota signait ainsi son deuxième succès majeur de la saison et confirmait son retour au premier plan.
Ces résultats ont permis à la marque japonaise de prendre les commandes du classement constructeurs. Mais avec seulement cinq points d’avance sur BMW, la marge de sécurité est particulièrement mince.

BMW, la menace devient sérieuse
En début de saison, BMW ne semblait pourtant pas en mesure de jouer les premiers rôles. Avant l’ouverture d’Imola, la marque bavaroise ne comptait que deux podiums en 16 courses dans la catégorie reine. Depuis, la M Hybrid V8 a changé de statut.
Cinquième à Imola, BMW a ensuite décroché au minimum une deuxième place lors de chacune des trois manches suivantes. À Spa-Francorchamps, le Team WRT a même réalisé un spectaculaire doublé grâce à une stratégie particulièrement audacieuse, alors que ses voitures s’étaient élancées loin sur la grille.
Au Mans, BMW a de nouveau frappé fort avec la deuxième place de la M Hybrid V8 n°20 de Robin Frijns, René Rast et Sheldon van der Linde. Une performance historique puisqu’elle constituait le premier podium de BMW dans la catégorie Hypercar aux 24 Heures du Mans. Mais c’est finalement à Interlagos que le constructeur bavarois a franchi un nouveau cap. Kevin Magnussen, Raffaele Marciello et Dries Vanthoor ont offert à la M Hybrid V8 n°15 sa première victoire en FIA WEC, au terme des 6 Heures de São Paulo. Une victoire d’autant plus importante que Toyota a connu au Brésil son premier véritable revers de la saison et est reparti d’Interlagos sans le moindre point. La dynamique est donc clairement favorable à BMW.
Une lutte pour le titre extrêmement serrée
À mi-saison, la bataille au championnat pilotes est tout aussi indécise. Robin Frijns et René Rast occupent les commandes, mais Kamui Kobayashi, Mike Conway et Nyck de Vries restent au contact. Le trio Toyota a notamment payé son résultat à Imola, où il a terminé troisième, tandis que Frijns et Rast avaient décroché la deuxième place. Sheldon van der Linde, absent lors de la manche inaugurale, accuse quant à lui dix points de retard supplémentaires. Avec quatre courses encore à disputer, rien n’est donc joué. Toyota dispose de l’expérience et de la régularité, tandis que BMW semble avoir acquis une confiance qui pourrait peser lourd dans la deuxième partie du championnat.
Ferrari doit réagir
Pour Ferrari, la défense de son titre mondial est pour l’instant loin de répondre aux attentes. La pole position décrochée à Imola avait pourtant parfaitement lancé la saison, mais le constructeur de Maranello n’a pas encore réussi à transformer régulièrement sa vitesse en victoires. Les deuxièmes places obtenues en Italie et au Brésil constituent les principaux motifs de satisfaction pour Antonio Giovinazzi, James Calado et Alessandro Pier Guidi. Le potentiel de la 499P reste toutefois évident. Ferrari devra désormais trouver davantage de constance sur les longues distances si elle veut revenir dans la course au titre lors des quatre dernières épreuves.

Cadillac, des occasions manquées
Cadillac nourrissait également de grandes ambitions avant le début de la saison. La V-Series.R a montré à plusieurs reprises qu’elle disposait d’une vitesse suffisante pour jouer la victoire, mais le constructeur américain a trop souvent laissé échapper les résultats. Au Mans, Cadillac s’est une nouvelle fois élancée depuis la première ligne, pour la troisième année consécutive, mais n’a pu faire mieux qu’une quatrième place à l’arrivée. L’alliance entre Cadillac et Hertz Team JOTA a finalement retrouvé le chemin du podium à São Paulo, avec une troisième place qui mettait fin à une longue période sans podium. Une satisfaction néanmoins teintée de frustration tant la victoire semblait à sa portée avant que plusieurs incidents ne viennent contrarier ses ambitions.

Alpine et Aston Martin en embuscade
Alpine Endurance Team confirme de son côté que l’A424 possède un véritable potentiel. Les performances en qualifications sont régulièrement encourageantes, mais le constructeur français peine encore à convertir cette vitesse en résultats de premier plan sur la durée. Le meilleur résultat reste pour l’instant la quatrième place obtenue à Imola par António Félix da Costa, Charles Milesi et Ferdinand Habsburg.
Aston Martin connaît une trajectoire différente. Pour sa deuxième saison en FIA WEC, la marque britannique poursuit sur la dynamique positive entrevue à la fin de 2025. La Valkyrie s’est montrée régulièrement compétitive et a surtout réussi à inscrire des points à chacune des quatre premières manches. Il ne manque désormais qu’un véritable coup d’éclat pour concrétiser cette progression par un premier podium.
Peugeot et Genesis, deux trajectoires différentes
Peugeot continue, pour sa part, de chercher la recette permettant à la 9X8 de transformer sa vitesse sur un tour en performances solides sur la durée. La pole position décrochée à Spa-Francorchamps par Malthe Jakobsen a une nouvelle fois démontré le potentiel du prototype français. Mais sur les longues distances, le rythme reste encore trop irrégulier pour permettre à Peugeot de jouer durablement les premières places.
Genesis, en revanche, peut déjà considérer sa première saison comme une réussite. Pour son arrivée dans le championnat du monde d’endurance, la marque sud-coréenne a rapidement affiché un niveau de performance prometteur avec ses GMR-001. Genesis a inscrit ses premiers points dès sa deuxième participation et a placé ses deux prototypes dans le top 10 des qualifications des 24 Heures du Mans. Une entrée en matière encourageante pour un programme appelé à prendre de l’ampleur.
Austin, premier acte du sprint final
La trêve estivale intervient donc à un moment particulièrement intéressant du championnat. Toyota est en tête, mais BMW revient très fort. Ferrari doit impérativement réagir, tandis que Cadillac, Alpine, Aston Martin, Peugeot et Genesis espèrent profiter de la deuxième partie de saison pour se rapprocher des leaders. Le prochain rendez-vous sera le Lone Star Le Mans, disputé sur le Circuit of The Americas à Austin, au Texas, du 4 au 6 septembre.
Après quatre premières manches déjà riches en rebondissements, le sprint final s’annonce passionnant. Avec seulement quelques points séparant les principaux prétendants, chaque qualification, chaque arrêt aux stands et chaque décision stratégique pourrait désormais peser lourd dans la quête des titres mondiaux. Le championnat est loin d’être joué. Et avec quatre courses encore au programme, la bataille ne fait que commencer.
Crédit photos : Willy CHANTELOUP / RACINGSHOOTS







