WEC. Ford vise le sommet en 2027.
- Stéphane CAVOIT

- 17 janv.
- 3 min de lecture
Ford a officiellement levé le voile sur de nouveaux détails de son programme Hypercar, marquant son grand retour au plus haut niveau de l’endurance mondiale à l’horizon 2027. À l’occasion du lancement annuel de sa saison compétition, organisé à la Michigan Central Station de Detroit, le constructeur américain a confirmé des choix techniques forts, dévoilé une partie de son trio de pilotes et réaffirmé une ambition claire : renouer avec la victoire aux 24 Heures du Mans et en Championnat du Monde d’Endurance FIA. Déjà connu pour s’appuyer sur un châssis conçu par ORECA, le prototype Hypercar Ford franchit désormais une étape décisive avec l’annonce de son groupe motopropulseur. La marque à l’ovale bleu a confirmé l’utilisation d’un V8 atmosphérique de 5,4 litres, entièrement développé et assemblé en interne, avec le soutien de Red Bull Ford Powertrains. Une première historique pour Ford dans la catégorie Hypercar.

Ce moteur, dérivé de l’architecture « Coyote » chère à la Mustang, sera associé au système hybride standardisé du règlement Hypercar. Ce choix place Ford parmi les rares constructeurs engagés sans suralimentation en WEC, aux côtés de Cadillac et de l’Aston Martin Valkyrie, et souligne une volonté assumée de préserver une identité mécanique forte, tant sur le plan technique que sonore.
« Le moteur est l’âme de cette voiture. Il définit son caractère et son identité », a expliqué Dan Sayers, responsable du programme Hypercar chez Ford Racing. « Quand une Ford passe à pleine charge sur la ligne droite des Hunaudières en pleine nuit, on doit la reconnaître sans même la voir. »

L’annonce s’inscrit dans une démarche symbolique forte, près de soixante ans après l’épopée de la GT40, victorieuse à quatre reprises consécutives aux 24 Heures du Mans entre 1966 et 1969. Plus récemment, Ford avait signé un retour gagnant dans la Sarthe en 2016, en s’imposant en LMGTE Pro avec la Ford GT. En 2027, le constructeur américain visera cette fois la victoire absolue.

Sur le plan sportif, Ford a également révélé les trois premiers pilotes appelés à porter ce projet d’envergure : Sebastian Priaulx, Mike « Rocky » Rockenfeller et Logan Sargeant. Un trio illustrant parfaitement la stratégie du constructeur, mêlant jeunesse, expérience et expertise technique. Priaulx et Rockenfeller se connaissent déjà bien, ayant partagé le volant de la Mustang engagée par Multimatic Motorsports en GTD Pro IMSA en 2025. Le duo s’est illustré avec des victoires marquantes à Detroit et à Indianapolis, concluant la saison à une solide troisième place du championnat. En amont de l’arrivée en Hypercar, ils évolueront ensemble cette saison en LMP2 en European Le Mans Series, poursuivant ainsi leur collaboration sur des prototypes.
Ancien pilote de Formule 1, Logan Sargeant poursuit quant à lui sa reconversion en endurance. L’Américain a marqué les esprits lors du Rookie Test du WEC à Bahreïn, en novembre dernier, au volant de la Mustang LMGT3 de Proton Competition, concluant la séance sur le podium. En 2026, Priaulx et Sargeant seront également alignés en LMGT3 avec Proton, respectivement dans les voitures n°77 et n°88.
Pour Dan Sayers, ce trio incarne bien plus que de simples pilotes : « Seb est un talent brut, Rocky apporte une expérience inestimable, et Logan possède une compréhension technique et aérodynamique essentielle à un programme Hypercar moderne. Ce sont autant des ingénieurs que des pilotes. »
Au-delà de la piste, Ford revendique une portée symbolique et historique à ce retour. La présence d’un pilote américain dans une Ford au Mans fait directement écho aux figures légendaires de Dan Gurney et A.J. Foyt, vainqueurs en 1967. Une filiation assumée, mais tournée vers l’avenir.
« On ne se contente pas de préparer 2027 », conclut Dan Sayers. « On construit une équipe, on forge une méthode et on teste chaque brique de ce projet dans les conditions les plus exigeantes. Le moteur, les pilotes et la vision sont en place. Le travail, lui, ne fait que commencer. Ford revient en endurance pour reprendre sa place au sommet. »
Crédit photos : Willy CHANTELOUP / RACINGSHOOTS et fiawec.com



