Rétromobile célèbre ses 50 ans.
- Stéphane CAVOIT

- 28 janv.
- 3 min de lecture
Rétromobile ouvre ses portes ce mercredi 28 janvier à Paris Expo, Porte de Versailles pour une édition anniversaire exceptionnelle. Cinquante ans après sa création, le salon de référence dédié aux voitures anciennes et de collection voit grand malgré une configuration inédite, marquée par l’absence du Hall 1. Jusqu’au dimanche 1er février, près de 150 000 visiteurs sont attendus pour célébrer le patrimoine automobile sous toutes ses formes, entre héritage, art, sport et luxe contemporain.

Une organisation repensée autour du Hall 7
En raison de l’occupation du Hall 1 par le salon Hyvolution, Rétromobile 2026 investit cette année les Pavillons 4, 6 et 7, avec un cœur névralgique concentré sur les trois étages du Hall 7. C’est là que se côtoient les grands marchands internationaux, les expositions thématiques majeures et la majorité des stands constructeurs. Une configuration resserrée, mais dense, qui renforce l’immersion au sein du salon. Au total, plus de 1 000 véhicules sont exposés, couvrant plus d’un siècle d’histoire automobile.
Héritage pur ou filiation marketing : les stratégies des constructeurs.
Dans les allées du Hall 7, deux visions s’opposent clairement.
Citroën joue la carte de la nostalgie assumée avec un stand exclusivement historique. Aucun modèle de série actuel, mais une plongée dans l’histoire de la marque aux chevrons, rythmée par ses concept-cars emblématiques (Karin, Activa 1, Xanae, C-Cactus) et l’apparition du dernier concept ELO. Le tout est sublimé par une Traction Avant rouge et une rarissime 2CV prototype de 1939.
À l’inverse, Renault assume une stratégie de filiation. Le constructeur expose une véritable Saga Clio, alignant les différentes générations et versions mythiques afin de légitimer la toute nouvelle Clio, placée au centre du stand. Un mélange passé-présent qui divise parfois les puristes, mais souligne l’enjeu commercial : utiliser l’héritage pour vendre le futur.
Peugeot, de son côté, ose la confrontation directe entre icônes et modernité, en mettant face à face des 205 GTI historiques et la future e-208 GTI 100 % électrique, marquant le retour du label sportif dans une ère nouvelle.
Youngtimers, bonnes affaires et passion GTI.
Cette édition met également en lumière l’engouement pour les Youngtimers, ces modèles de collection de plus de 30 ans, devenus très recherchés. L’exposition des voitures proposées à moins de 30 000 euros attire un public à l’affût de bonnes affaires, avec une cote d’amour toujours forte pour les versions sportives des années 1980 et 1990.
Impossible de passer à côté de la Golf GTI de 1976, capable à l’époque d’atteindre 182 km/h, symbole d’un label qui fête cette année ses 50 ans chez Volkswagen, tout comme Rétromobile célèbre son propre demi-siècle.
Sur le stand voisin, Skoda célèbre ses 125 ans en sport automobile, tandis que d’autres marques du groupe Volkswagen, mais aussi DS (avec quatre voitures présidentielles), Alfa Romeo, Opel, Alpine, BMW, Mercedes, Honda et Mazda complètent un plateau constructeur particulièrement fourni. Mazda expose notamment la mythique 787B, victorieuse des 24 Heures du Mans 1991.
L’Ultimate Supercar Garage : le pari du luxe moderne.
Grande nouveauté de cette 50éme édition, située dans le Pavillon 4, l’Ultimate Supercar Garage marque une rupture assumée. Ce « salon dans le salon » est dédié aux hypercars contemporaines et vise clairement une nouvelle génération de collectionneurs-investisseurs. Pagani, Koenigsegg et Bugatti moderne y exposent des modèles d’exception, aux antipodes de la nostalgie traditionnelle du salon.
L’accès à cet espace est toutefois payant : 19 euros pour un billet spécifique, ou 35 euros en ligne (38 euros sur place) pour un billet combiné avec Rétromobile. Attention, si le salon ouvre dès mercredi, l’Ultimate Supercar Garage ne sera accessible au grand public qu’à partir du vendredi 30 janvier.
Enchères, trésors et patine d’origine.
Si l’exposition bat son plein Porte de Versailles, la fièvre des enchères a débuté dès mardi à l’hôtel Peninsula, avenue Kléber. La maison Artcurial y a dévoilé plusieurs modèles d’exception, dont une fascinante Mercedes 300 SL “Papillon” de 1956, conservée dans son jus et recouverte d’une épaisse couche de poussière. Cette patine d’origine est aujourd’hui un véritable Graal pour les investisseurs, un modèle non restauré étant souvent plus recherché – et plus cher – qu’un exemplaire remis à neuf. Sur le salon, c’est toutefois Christie’s qui orchestre cette année la grande vente aux enchères, programmée vendredi.
Un train Bugatti pour un anniversaire hors norme
Pour marquer ce cinquantenaire, Rétromobile frappe fort avec une pièce monumentale venue tout droit de la Cité du Train de Mulhouse : l’Autorail Bugatti. Long de 23 mètres, propulsé par quatre moteurs issus de la mythique Bugatti Royale, ce géant de l’histoire industrielle constitue l’une des attractions majeures de l’édition 2026.

À 50 ans, Rétromobile confirme qu’il n’est plus seulement un salon de voitures anciennes. C’est désormais une vitrine mondiale où se croisent passion, mémoire, investissement et vision de l’automobile, du patrimoine le plus pur aux supercars les plus exclusives.



