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Rallye Monte-Carlo 2026. Solberg résiste au chaos, Fourmaux illumine Monaco.

Même lorsqu’il se fait peur, Oliver Solberg continue de dicter le tempo. Piégé brièvement dans l’ES12, dernière spéciale de la matinée du samedi, le pilote Toyota a malgré tout signé le scratch et renforcé son avance en tête du Rallye Monte-Carlo. Derrière lui, Elfyn Evans et Sébastien Ogier voient l’écart se creuser, tandis qu’Adrien Fourmaux a progressivement inversé la tendance avant de conclure la journée en beauté dans les rues de Monaco. Thierry Neuville, de son côté, a vécu une journée plus compliquée, mais sans perdre sa lucidité. Avant de rejoindre la Principauté, les équipages avaient encore près de 30 kilomètres à parcourir sur des routes de montagne rendues extrêmement piégeuses par un mélange de neige, de glace et de boue fondante. Des conditions encore plus délicates que lors du premier passage matinal, avec un grip changeant quasiment à chaque virage.

Rallye Monte-Carlo 2026

Cette ES12 a rapidement tourné au numéro d’équilibriste. Sami Pajari (Toyota) a été l’un des premiers piégés, sortant de la route après moins de deux kilomètres avant de terminer sa course dans un arbre. Hayden Paddon (Hyundai) s’est fait surprendre quelques kilomètres plus loin, sortant large dans un virage à droite et devant compter sur l’aide des spectateurs pour reprendre la route. Même le leader n’a pas échappé aux pièges. Oliver Solberg s’est fait une grosse frayeur à l’approche de l’arrivée : un court passage hors trajectoire, des spectateurs évités de justesse et quelques secondes perdues. Suffisant pour rappeler la rudesse du Monte-Carlo, mais pas pour l’empêcher de signer le meilleur temps. Derrière lui, Grégoire Munster (Ford M-Sport), Adrien Fourmaux et Thierry Neuville ont tous connu des tête-à-queue, sans conséquences majeures au classement.

« Je ne sais pas ce qui s’est passé, j’ai pourtant été très prudent pendant toute la spéciale, expliquait Solberg. J’ai essayé de suivre les ornières et à la sortie, il n’y avait plus que de la neige. J’ai eu beaucoup de chance. Quand je vois le chrono, je me dis que j’aurais peut-être dû lever encore plus le pied. »

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Installé à Monaco pendant six ans, le Suédois rejoignait ensuite la Principauté avec un solide matelas d’avance. Deuxième de l’ES12 à 1’’9, Elfyn Evans accusait désormais 1’04’’7 de retard au classement général. Sébastien Ogier, qui reconnaissait avoir volontairement levé le pied, a perdu 18’’2 dans cette spéciale et pointait à 1’31’’3 du leader, à 26’’6 du Gallois.

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Derrière le trio de tête, Adrien Fourmaux a vécu une matinée bien plus encourageante. Après une deuxième journée plombée par des soucis mécaniques, le pilote Hyundai a retrouvé progressivement le rythme dès l’ES10 (6éme temps), avant de décrocher la troisième place de la catégorie Rally1 dans l’ES11, derrière Solberg et Evans. Un résultat notable, puisqu’il a devancé Takamoto Katsuta et Sébastien Ogier, malgré un terrain extrêmement changeant et la présence de plusieurs Rally2 très rapides, dont celle de Yohan Rossel.

« Les conditions étaient incroyables ce matin, c’était magnifique, confiait Fourmaux. Le paysage, les spectateurs, rouler avec les clous dans une Rally1, c’était vraiment génial. Je me suis régalé. Le temps, j’aimerais faire mieux, mais je me suis bien amusé. Dans la deuxième spéciale, on voyait beaucoup plus l’asphalte, avec du slush à certains endroits. Le changement de grip était constant, ce n’était vraiment pas facile à négocier. »

Au classement général, le Nordiste occupait toujours la quatrième place, à 4’23 de Sébastien Ogier, sans toutefois renoncer à ses ambitions sur une épreuve aussi imprévisible.

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Pour Thierry Neuville, la journée a confirmé les difficultés entrevues la veille. Déjà en retrait vendredi, le champion du monde WRC a encore concédé du terrain samedi matin, se classant cinquième de l’ES10 puis huitième de l’ES11. Lucide, le pilote Hyundai relativisait néanmoins la situation.

« Ce n’était pas simple du tout ce matin, mais ce sont des conditions auxquelles on s’attend sur un rallye de Monte-Carlo, expliquait-il. Tout le monde cherche un peu la traction, ce n’est pas évident. La difficulté, c’était aussi de lire la route, car les chasse-neige ont énormément redressé les trajectoires. »

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La journée s’est conclue par un retour très attendu : la super-spéciale tracée sur une partie du mythique circuit de Formule 1 de Monaco, autour du port, faisait son apparition au programme du Monte-Carlo pour la première fois depuis plus de quinze ans. Après la neige en montagne, c’est la pluie qui est venue compliquer la tâche des pilotes, engagés pour deux tours entre la Rascasse et le port. Dans ces conditions piégeuses, Adrien Fourmaux a signé le meilleur temps de l’ES13. Équipé de quatre pneus slicks, le pilote Hyundai a devancé Takamoto Katsuta, Thierry Neuville et Sébastien Ogier, peu impressionné par l’exercice. « Je n’ai pas fait le show, je trouve que nous avons tous l’air un peu ridicules ici, mais c’est comme ça ! On peut s’attendre à encore beaucoup de neige demain, et je ne peux pas dire que j’ai hâte avec ces pneus », souriait-il au point stop.

Le leader du rallye, Oliver Solberg, s’est montré plus en difficulté sur cette spéciale urbaine, notamment lors des deux donuts obligatoires, mais conserve solidement les commandes du Rallye Monte-Carlo. À l’issue de cette longue et piégeuse journée de samedi, il dispose d’un peu moins d’une minute d’avance sur Elfyn Evans avant les quatre dernières spéciales de cette édition 2026, disputées dimanche.

Rallye Monte-Carlo 2026

Au Monte-Carlo, rien n’est jamais acquis. Mais entre la maîtrise de Solberg et l’éclat retrouvé de Fourmaux, le suspense reste entier à l’aube du final.

Crédit photos : Jean Marie FARINA / RACINGSHOOTS

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