Rallye Monte-Carlo 2026. Solberg provoque, Ogier contre-attaque.
- Stéphane CAVOIT

- il y a 3 jours
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Au Rallye Monte-Carlo, rien n’est jamais acquis. Ni les écarts, ni les certitudes, encore moins quand la pluie, la boue et la nuit s’invitent au programme. Pourtant, au terme de la deuxième journée et après neuf spéciales disputées, Oliver Solberg continue d’imposer sa loi. Impeccable malgré des conditions extrêmes, le Suédois conserve une avance confortable en tête, tandis que Sébastien Ogier hausse nettement le ton et met Elfyn Evans sous pression dans la lutte pour la deuxième place.

Solberg avait abordé la boucle de l’après-midi avec un solide matelas : plus d’une minute d’avance sur Evans et près d’1’40 sur Ogier. Un avantage précieux sur des routes rendues piégeuses par l’humidité et les changements d’adhérence, où les choix de pneus se sont une nouvelle fois révélés déterminants. Anticipant peu de neige, les leaders ont majoritairement opté pour des pneus neige sans clous lors de la première spéciale. Un pari gagnant pour Solberg, auteur du meilleur temps, qui a même accentué son avance au général.

Derrière le leader, la journée a viré au chaos. Adrien Fourmaux a vécu un véritable calvaire, handicapé par un problème électronique de frein à main l’obligeant à négocier certaines épingles en marche arrière. « J’ai l’impression de conduire un camion aujourd’hui », confiait-il, dépité, au micro de Canal+. Malgré tout, le Français a limité les dégâts. Même scénario compliqué pour Takamoto Katsuta, privé de direction assistée, tandis que Jon Armstrong devait composer avec une crevaison, parvenant toutefois à préserver une position honorable au classement général.

À mesure que la nuit tombait, Sébastien Ogier a clairement changé de registre. Dans l’ES8, disputée à la lueur déclinante, le champion du monde est passé à l’offensive en signant le scratch, et ce malgré une Toyota dépourvue de rampes de phares. Une démonstration de maîtrise qui a resserré les écarts : Solberg reste solidement installé en tête, mais Evans voit Ogier revenir dangereusement dans ses rétroviseurs. La dernière spéciale du jour a rappelé toute la brutalité du Monte-Carlo. Josh McErlean s’est piégé sur une route glacée, tandis que Thierry Neuville, champion du monde 2024, est lui aussi parti à la faute. Coincé dans un fossé, le Belge a perdu près de trois minutes, abandonnant la quatrième place du général. Ogier, en mode « survie », a de nouveau repris du temps et termine la journée à seulement 6”5 d’Elfyn Evans.

Au classement général, Oliver Solberg mène toujours un impressionnant triplé Toyota et confirme son statut de patron. Déjà vainqueur pour son premier rallye au volant de la Yaris Rally1 en Estonie l’an passé, le champion WRC2 en titre continue d’impressionner par sa maturité. Evans conserve la deuxième place, mais Ogier est désormais pleinement relancé. Fourmaux profite des erreurs et incidents devant lui pour grimper au quatrième rang, Armstrong complétant le top 6.

En WRC2, la hiérarchie provisoire est dominée par Léo Rossel. Le Français et sa Citroën terminent la journée en tête avec 40 secondes d’avance sur Éric Camilli. De retour en championnat du monde, le pilote Skoda reste toutefois en embuscade et n’a pas dit son dernier mot. Avec seulement quatre spéciales samedi, dont deux longues de près de 30 kilomètres, avant la super-spéciale sur le circuit de Monaco, le Rallye Monte-Carlo n’a pas livré son verdict. Ici plus qu’ailleurs, la vérité d’un jour ne garantit rien… et la moindre erreur peut encore tout bouleverser.
Crédit photos : Jean Marie FARINA / RACINGSHOOTS



