MotoGP. Test de Sepang 2026 : les vrais enseignements de trois jours décisifs.
- Alicia Quénard
- il y a 1 jour
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Le test MotoGP de Sepang s’est achevé après trois journées particulièrement riches, premières bases concrètes d’évaluation pour la saison 2026. Une fois dissipée l’effervescence des directs et des débriefings à chaud, il est temps de prendre du recul afin d’en dégager les tendances lourdes — en les replaçant dans une perspective plus large. Pour mémoire, le record absolu du circuit reste la référence signée Francesco Bagnaia en qualifications du Grand Prix de Malaisie 2024 (1’56.337). Le meilleur chrono jamais établi lors de tests appartenait jusque-là à Alex Márquez, avec 1’56.493 en février 2025. Et c’est encore l’Espagnol qui s’impose comme la figure marquante de cette édition 2026.

Alex Márquez confirme son statut
Au guidon de la Ducati GP26 du team Gresini, vainqueur du GP de Malaisie l’an passé et vice-champion du monde 2025, Alex Márquez a dominé les débats. Son meilleur tour en 1’56.402 constitue la référence du test, tandis que sa simulation de Sprint — dix tours bouclés à une moyenne de 1’58.027 — a également impressionné.
Entre performance brute, constance et confiance technique, tous les indicateurs sont au vert pour l’Espagnol à l’approche d’une saison qui s’annonce disputée.
Yamaha en pleine zone de turbulences
À l’opposé, Yamaha quitte Sepang dans l’incertitude. Le constructeur d’Iwata a connu une entame difficile, marquée par des soucis techniques ayant immobilisé les nouvelles YZR-M1 à moteur V4 durant plusieurs sessions avant un retour en piste dans une configuration bridée. La situation sportive s’accompagne d’un climat agité autour de Fabio Quartararo, visé par des rumeurs insistantes de départ vers Honda. Malgré les investissements importants consentis ces dernières années, le début d’année ressemble à un scénario noir pour la marque japonaise — sans remettre en cause sa présence en championnat, mais avec de sérieuses interrogations sur sa compétitivité immédiate.
Ducati travaille dans l’ombre
Entre ces deux extrêmes, les autres protagonistes ont livré des prestations plus nuancées.
Champion du monde en titre, Marc Márquez n’apparaît « que » quatrième du classement combiné, après une petite chute lors de la dernière journée. Mais le résultat brut masque l’essentiel : l’Espagnol s’est concentré sur le travail de fond et sur la poursuite de son retour physique. Il a alterné carénage avant 2025 et éléments du package 2026 pour bâtir sa base technique avant le premier Grand Prix.
Francesco Bagnaia, de son côté, a affiché un regain de confiance par rapport au week-end de course d’octobre dernier. Plus à l’aise sur sa machine et clair dans ses choix aérodynamiques, il a même devancé son coéquipier lors d’une simulation Sprint. Sixième au classement final, l’Italien demeure une menace évidente.
Au-delà des individualités, la conclusion est limpide : les Ducati restent la référence collective. Les cinq machines présentes — en l’absence de Fermín Aldeguer — occupent les sept premières positions, preuve que la GP26 corrige efficacement les critiques adressées à la version précédente.
Aprilia et Honda sur une dynamique encourageante
Marco Bezzecchi s’est intercalé au deuxième rang et s’impose comme le fer de lance d’Aprilia. Seul parmi les Ducati dans le haut du tableau, il a validé de nouvelles solutions aérodynamiques testées sur la RS-GP et signé le meilleur chrono de la dernière séance. Malgré l’absence de Jorge Martín, la marque de Noale repart avec des motifs d’optimisme, notamment sur un circuit historiquement peu favorable.
Honda, également, peut se montrer satisfait. Si la dernière journée s’est révélée plus compliquée en raison d’un grip réduit, la RC213V 2026 progresse sur plusieurs fronts, avec notamment des gains moteur notables dans la perspective de l’homologation liée au rang C des concessions. Joan Mir conclut cinquième, illustrant cette amélioration globale.
KTM et le peloton intermédiaire
Chez KTM, le sentiment est plus mitigé. Malgré un travail intensif et des déclarations positives, les performances globales restent proches de celles observées en 2025. Pedro Acosta et Maverick Viñales terminent aux 8e et 9e rangs, séparés de seulement un centième. La base technique explorée lors des essais n’a pas fondamentalement changé la hiérarchie face à Ducati, Aprilia ou à la Honda en progrès.
Raúl Fernández a constitué la satisfaction du team Trackhouse, confirmant sa montée en puissance avec une place dans le top 10 final, tandis que le rookie Ai Ogura poursuit son apprentissage méthodique et vise déjà Buriram.
Les Japonais à la peine
Les Yamaha ferment la marche du classement combiné. Alex Rins est le mieux classé en 14e position, devant Quartararo, limité à son chrono du premier jour. Jack Miller et Toprak Razgatlioglu suivent, illustrant les difficultés générales rencontrées par la marque.
Chez LCR Honda, Johann Zarco et le rookie Diogo Moreira ont accumulé de l’expérience, ce dernier saluant notamment ses progrès au freinage après six jours intensifs de roulage incluant le shakedown.
Tendances et prochain rendez-vous
Au terme de ces trois journées, les lignes de force se dessinent clairement :
Ducati conserve son emprise technique et sportive.
Aprilia et Honda progressent et peuvent viser plus haut.
KTM reste en observation.
Yamaha doit réagir rapidement.
Le prochain test se déroulera à Buriram les 21 et 22 février, juste avant le Grand Prix de Thaïlande. Une nouvelle étape essentielle pour confirmer ou rebattre les premières cartes de la saison 2026.
Crédit photos : Jean Marie FARINA / RACINGSHOOTS



