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F1. Essais de Bahreïn : ce qu’il faut retenir des trois jours de tests avant la saison 2026.

Trois journées intenses sur le circuit de Sakhir ont permis aux équipes de Formule 1 d’entrer concrètement dans l’ère réglementaire 2026. Entre luttes d’influence en coulisses, interrogations techniques et premières indications de performance, ces essais hivernaux ont offert un aperçu déjà riche des enjeux à venir. Sans livrer de hiérarchie définitive, ils ont confirmé que la saison s’annonce tendue et imprévisible.

F1. Essais de Bahreïn 2026
Source : msn.com

Bataille politique autour des moteurs

Comme souvent, l’intersaison ne s’est pas limitée au travail en piste. Les discussions se sont cristallisées autour de la mesure du taux de compression des nouveaux groupes propulseurs. Le système développé par Mercedes HPP suscite des interrogations à l’approche de l’homologation des moteurs. Le point de friction concerne la méthode de mesure : à température ambiante, comme le prévoit actuellement le règlement, ou en conditions de fonctionnement réel. Toute modification nécessiterait l’approbation du Power Unit Advisory Committee, avec une majorité incluant la FIA et la FOM. Dans ce contexte, la position de Red Bull Powertrains apparaît déterminante. Entre déclarations publiques et jeux d’influence, chacun tente d’orienter le débat — les propos flatteurs ou prudents des dirigeants et pilotes traduisant autant de stratégie que d’analyse technique.

Verstappen critique les règles 2026

Sur le plan sportif, les nouvelles règles n’ont pas convaincu tout le monde. Max Verstappen s’est montré particulièrement critique à propos du fonctionnement énergétique des monoplaces. Le Néerlandais a déploré des sensations de pilotage qu’il juge éloignées de l’ADN traditionnel de la discipline, allant jusqu’à évoquer une expérience rappelant certains aspects de la Formule E. Ces réserves prolongent des inquiétudes exprimées de longue date concernant la suppression du MGU-H et l’évolution globale de la réglementation. Derrière cette prise de position, certains observateurs perçoivent également des tensions liées aux équilibres politiques entourant l’arrivée de nouveaux motoristes et les orientations techniques retenues.

Des performances difficiles à décrypter

En piste, la lecture des chronos reste délicate. Les trois journées ont vu trois équipes différentes signer le meilleur temps : McLaren en ouverture, Ferrari ensuite, puis Mercedes pour conclure. Comme toujours lors d’essais hivernaux, chaque structure avance masquée. Charges d’essence inconnues, programmes distincts et conditions variables empêchent toute conclusion ferme. Les simulations de course ont alimenté les spéculations — notamment la comparaison entre certains relais — mais les écarts observés doivent être relativisés. À quelques semaines de l’ouverture du championnat, la hiérarchie demeure volontairement floue.

Une question de sécurité soulevée

La disparition du MGU-H a introduit de nouveaux défis opérationnels. Les pilotes doivent désormais gérer plus activement la montée en régime du turbo lors des départs, tout en surveillant l’état de la batterie et les limites mécaniques du moteur. Plusieurs équipes redoutent qu’un mauvais réglage immobilise une monoplace sur la grille, avec un risque potentiel d’accident. Le sujet a été porté auprès de la FIA, certains responsables appelant à des discussions rapides pour éviter toute situation dangereuse dès les premières courses.

Haas se distingue par sa régularité

Dans un climat dominé par les polémiques, Haas a avancé discrètement mais efficacement. Avec plus de 380 tours bouclés, l’équipe américaine s’est illustrée par la solidité de son programme et la fiabilité de sa monoplace. Sans chercher le coup d’éclat, elle a accumulé les kilomètres et affiché une constance encourageante dans les feuilles de temps. Ces signaux laissent entrevoir la possibilité de jouer régulièrement aux portes du top 5 si cette dynamique se confirme.

Audi et Cadillac posent les bases

Pour les nouveaux projets engagés, l’objectif principal était d’acquérir de la crédibilité technique. Audi comme Cadillac ont multiplié les relais et engrangé des données précieuses, sans rechercher la performance pure. L’absence de panne majeure et la régularité observée constituent déjà un résultat positif. Ces premiers pas solides offrent une base de travail essentielle avant de viser davantage de compétitivité lors des prochains tests.

Aston Martin en quête de solutions

À l’inverse, Aston Martin quitte Bahreïn avec des interrogations. Kilométrage limité et écart important sur un tour ont souligné un déficit de performance préoccupant à ce stade. La structure dispose toutefois d’atouts considérables avec l'expertise technique, pilotes expérimentés et des partenaires solides qui rendent peu probable un statu quo durable. Mais le chantier semble important avant d’envisager un retour aux avant-postes.

Un avant-goût d’une saison incertaine

Trois jours d’essais ne suffisent pas à établir une hiérarchie définitive, mais ils ont déjà mis en lumière les tensions et les défis qui marqueront l’année 2026. Entre rivalités politiques, adaptations techniques et performances encore difficiles à interpréter, la Formule 1 s’apprête à entamer une saison où incertitude et intensité devraient aller de pair.

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