Grand Prix Historique d’Italie. Mugello a célébré la grande histoire de la course.
Le Mugello a vibré tout le week-end au rythme des légendes du sport automobile. Du 2 au 4 octobre 2026, le circuit toscan accueillait la toute première édition du Grand Prix Historique d’Italie. Plus de 60 000 spectateurs ont répondu présent pour assister à un immense rassemblement consacré au patrimoine de la compétition automobile, avec plus de 200 voitures historiques et près d’une centaine de monoplaces ayant écrit les grandes pages de la Formule 1. Pour cette première édition, les organisateurs avaient vu grand. Sur la piste comme dans le paddock, le Mugello s’est transformé durant trois jours en véritable musée automobile à ciel ouvert, avec des machines exceptionnelles, des pilotes de renom et un public venu retrouver les sensations d’une autre époque.

Ferrari ressuscite son âge d’or
L’un des grands moments du week-end restera incontestablement l’hommage consacré à la grande époque de la Scuderia Ferrari, entre 1996 et 2006. Une décennie associée à l’ère Michael Schumacher et à l’une des périodes les plus glorieuses de l’histoire de Maranello. Plusieurs monoplaces emblématiques ont ainsi retrouvé la piste du Mugello. De la Ferrari F310 de 1996 à la 248 F1 de 2006, en passant par la mythique 412 T2 de 1995, dernière Ferrari de Formule 1 équipée du légendaire moteur V12, les spectateurs ont pu entendre à nouveau les moteurs qui ont marqué toute une génération.

Mais le spectacle ne reposait pas uniquement sur les voitures. Plusieurs anciens pilotes Ferrari se sont relayés au volant des monoplaces rouges. Eddie Irvine, Gerhard Berger, Giancarlo Fisichella, Mika Salo, Stefan Johansson, Nicola Larini, Luca Badoer, Andrea Bertolini et Antonio Giovinazzi ont notamment participé à cette grande célébration.

Autre moment particulièrement symbolique, René Arnoux a repris le volant de la Ferrari 312 T3 de 1978 ayant appartenu à Gilles Villeneuve. Une machine qui évoque immédiatement le duel légendaire entre Arnoux et Villeneuve à Dijon en 1979, l’un des affrontements les plus célèbres de l’histoire de la Formule 1.
Les Formule 1 historiques font toujours vibrer Mugello
La catégorie Masters Racing Legends, consacrée aux Formule 1 de 1966 à 1985, a également offert un spectacle à la hauteur de la réputation du Mugello.

Lotus, Tyrrell, Williams et de nombreuses autres marques historiques ont retrouvé les enchaînements rapides du tracé toscan. Ici, pas d’électronique sophistiquée pour masquer les difficultés de pilotage : les pilotes devaient composer avec des monoplaces exigeantes, des moteurs Cosworth rageurs et une mécanique qui demandait précision et engagement. En Course 1, la victoire est revenue à Werner D’Ansembourg, particulièrement à l’aise au volant de sa Williams FW07C de 1980. Plusieurs pilotes italiens avaient également tenu à participer à cette première édition. Marco Coppini s’est notamment présenté au volant de l’ancienne Arrows de Riccardo Patrese. Valerio Leone a également pris place dans une ancienne Arrows de Surer, tandis que Marco Fumagalli a offert au public un spectacle remarqué avec l’Ensign ex-Wunderink.

La F3 replonge dans les années 70 et 80
Le Grand Prix Historique d’Italie accordait également une place importante aux catégories qui ont formé plusieurs générations de pilotes. La F3 Classic Interseries a notamment permis de retrouver des Formule 3 construites entre 1971 et 1984. Des monoplaces légères, rapides et dépourvues des aides électroniques modernes, qui ont offert plusieurs affrontements particulièrement serrés. Après son passage en Formule 1 historique, Marco Coppini a d’ailleurs poursuivi son week-end au volant de la March F3 ex-Nelson Piquet, ajoutant une nouvelle voiture de légende à son programme. Le titre européen de Formule 3 historique est revenu à Alexander Weiss, auteur d’un week-end particulièrement solide au volant de la spectaculaire Ralt RT3, engagée par l’équipe Saette.
La Formule Junior rappelle les débuts des futurs champions
Autre rendez-vous très apprécié du public, la Historic Formula Junior – Lurani Trophy a replongé les spectateurs dans les premières années de la carrière de nombreux futurs champions. Ces petites monoplaces, à moteur avant ou arrière selon les générations, ont offert un spectacle particulièrement vivant, notamment lors de la Course 2 disputée dimanche matin. Le plateau réunissait notamment plusieurs concurrents italiens, parmi lesquels Ricky Calegari, engagé avec une Elva du Historic Formula Project, et Carlo del Conte, au volant d’une Wainer. À travers ces voitures légères et particulièrement exigeantes, le public a pu retrouver l’atmosphère des années où les jeunes pilotes devaient avant tout démontrer leur talent et leur capacité à maîtriser une mécanique sans assistance.

Une Fan Zone au cœur du paddock
Le spectacle ne se limitait pas à la piste. Pour cette première édition, les organisateurs avaient également souhaité placer le public au centre de l’événement avec une Fan Zone particulièrement animée dans le paddock. Les visiteurs pouvaient notamment prendre place derrière les simulateurs de Formule 1 de dernière génération et tenter de réaliser les meilleurs chronos sur les tracés les plus exigeants. Un grand écran permettait également de suivre en direct les différentes courses du week-end, avec 14 épreuves programmées sur les trois journées. L’espace consacré au Monde de l’Automobile complétait cette immersion dans l’histoire. Collectionneurs, passionnés et familles pouvaient y découvrir des objets et éléments retraçant plusieurs décennies d’évolution technique et sportive.

Mugello célèbre une histoire toujours bien vivante
Pour sa première édition, le Grand Prix Historique d’Italie a donc réussi son pari. Pendant trois jours, le circuit du Mugello a réuni des voitures exceptionnelles, des pilotes ayant marqué leur époque et plusieurs dizaines de milliers de passionnés. Des Ferrari de l’âge d’or aux Formule 1 des années 70 et 80, en passant par les F3 et les Formule Junior, toutes les générations du sport automobile historique avaient rendez-vous dans les collines toscanes. Au-delà des chiffres et du spectacle, cette première édition aura surtout démontré que le patrimoine automobile reste profondément ancré dans la passion du public. Et dans un lieu aussi spectaculaire que le Mugello, les anciennes gloires de la course ont trouvé un écrin à la hauteur de leur histoire.
Crédit photos : Bruno GAGLIARDI / RACINGSHOOTS




