WEC. 6 Heures de São Paulo : BMW décroche sa deuxiéme victoire en Hypercar.
- Stéphane CAVOIT

- 13 juil.
- 5 min de lecture
BMW a marqué un tournant dans sa campagne 2026 en Championnat du Monde d'Endurance FIA (WEC). Grâce à la BMW M Hybrid V8 n°15 engagée par le Team WRT, le constructeur bavarois s'est imposé lors des Rolex 6 Heures de São Paulo, quatrième manche de la saison. Une seconde victoire en catégorie Hypercar qui permet à la marque allemande de revenir pleinement dans la lutte pour les deux titres mondiaux.

BMW fait tomber les statistiques
Depuis l'arrivée des Hypercars à Interlagos, les vainqueurs s'étaient toujours élancés depuis la première ligne. Kevin Magnussen, Raffaele Marciello et Dries Vanthoor ont mis fin à cette série en remportant l'épreuve après être partis seulement quatrième sur la grille. Le départ s'est déroulé sur une piste encore légèrement humide après les pluies matinales. Auteur de la pole position avec la Cadillac V-Series.R n°12 du Hertz Team JOTA, Will Stevens conservait l'avantage au premier virage devant son équipier Earl Bamber. Derrière, Kevin Magnussen réalisait un départ offensif en dépassant rapidement l'Alpine n°36 de Frédéric Makowiecki avant de prendre le meilleur sur la Cadillac n°38 d'Earl Bamber dès le 11e tour.
Sur le tracé très court d'Interlagos, où le trafic joue un rôle déterminant, Stevens ne parvenait jamais à creuser un écart significatif malgré une cadence soutenue.
Les stands redistribuent les cartes
Alors que la Cadillac n°12 semblait contrôler les débats avec quelques secondes d'avance, son premier arrêt aux stands allait complètement bouleverser la course. Un écrou de roue récalcitrant immobilisait la voiture bien plus longtemps que prévu. Dans le même temps, la Cadillac sœur n°38 perdait également de précieuses secondes après un mauvais positionnement dans son emplacement. Profitant d'un premier ravitaillement anticipé, l'Alpine n°35 de Ferdinand Habsburg héritait provisoirement des commandes. Rejeté hors du Top 10, Will Stevens entamait alors une spectaculaire remontée, multipliant les dépassements. Aidé par une pénalité infligée à la Ferrari n°50 puis par un dépassement sur la Ferrari privée n°83, le Britannique retrouvait rapidement les avant-postes. À l'inverse, Toyota vivait un véritable cauchemar. La n°7, victorieuse des dernières 24 Heures du Mans, écopait de plusieurs pénalités, tandis que la n°8 perdait de longues minutes aux stands après un accrochage avec la Genesis GMR-001 n°17.
BMW prend le contrôle de la course
Profitant des difficultés de ses rivaux, Kevin Magnussen construisait progressivement une avance confortable. Après deux heures de course, la BMW n°15 comptait plus de dix secondes d'avance sur la Cadillac n°12. La situation se compliquait encore pour Cadillac lorsque Will Stevens partait en tête-à-queue dans son duel avec la Ferrari n°83 avant de devoir purger une pénalité à la suite d'un contact avec la Lexus n°87 en LMGT3. Pendant ce temps, la BMW n°20 de Sheldon van der Linde résistait parfaitement aux attaques de Norman Nato, permettant à son équipe de verrouiller les positions de tête. Raffaele Marciello, désormais au volant de la n°15, accentuait encore l'écart tandis qu'Alpine tentait une stratégie décalée dans l'espoir de surprendre ses concurrents.
À mi-course, BMW semblait avoir toutes les cartes en main. Marciello possédait près de vingt secondes d'avance sur la Cadillac n°12, alors que Ferrari restait en embuscade avec les 499P n°51 et n°83. Au-dessus d'Interlagos, le ciel devenait de plus en plus menaçant.
Une fin de course sous haute tension
À moins de deux heures de l'arrivée, Dries Vanthoor prenait le relais. Le Belge commettait une légère erreur au freinage de Bico de Pato, permettant à James Calado de placer la Ferrari n°51 en tête. Le suspense était relancé entre BMW, Ferrari et Alpine, alors qu'une pluie fine faisait son apparition sur le circuit pauliste. La stratégie décalée d'Alpine atteignait finalement ses limites. À 42 minutes du drapeau à damier, Charles Milesi effectuait son dernier arrêt, offrant définitivement les commandes à la BMW n°15.
Vanthoor gérait parfaitement les derniers tours malgré la pression constante de James Calado. Après 242 tours de course, la BMW franchissait la ligne d'arrivée avec seulement 2,254 secondes d'avance sur la Ferrari n°51.
Cadillac retrouvait le podium grâce à la n°12, tandis que la n°38 terminait quatrième. La Ferrari privée n°83 complétait le Top 5 après un accrochage en fin d'épreuve entre la Ferrari n°50 et la BMW n°20.
Le championnat totalement relancé
Ce nouveau succès permet à BMW de réaliser une excellente opération dans les deux championnats. Malgré sa sixième place, l'équipage de la BMW n°20 composé de René Rast et Robin Frijns s'empare de la tête du classement Pilotes avec quatre points d'avance sur les vainqueurs des dernières 24 Heures du Mans, Mike Conway, Kamui Kobayashi et Nyck de Vries. Chez les Constructeurs, BMW revient à seulement un point de Toyota. À quatre manches de la fin de saison, la lutte pour les titres mondiaux est plus ouverte que jamais.

LMGT3 : Corvette enchaîne après Le Mans
La catégorie LMGT3 a également offert un superbe spectacle. Un mois après le succès de la Corvette TF Sport n°33 aux 24 Heures du Mans, c'est la Corvette Z06 GT3.R n°34 de Racing Team Turkey by TF qui s'est imposée à Interlagos grâce à Salih Yoluç, Peter Dempsey et Charlie Eastwood. Pourtant, rien ne laissait présager un tel résultat. Partie seulement dixième sur la grille, la Corvette profitait d'un début de course particulièrement mouvementé. Le poleman Gray Newell, sur l'Aston Martin Heart of Racing n°23, perdait six positions dès les premiers tours, tandis que Johannes Zelger reculait également avec la Mercedes-AMG Iron Lynx n°79.
La Lexus RC F n°87 prenait alors les commandes avant de subir la pression des deux Ford Mustang Proton Competition, particulièrement véloces en début d'épreuve. Après plusieurs échanges de positions et des stratégies pneumatiques différentes, Ford semblait disposer d'un avantage.
Une stratégie gagnante
Au fil des ravitaillements, la Ford Mustang n°77 et la Corvette n°34 se partageaient le commandement de la catégorie. Les choix stratégiques des deux équipes différaient totalement, rendant l'issue de la course impossible à prévoir. Le relais remarquable réalisé par Peter Dempsey permettait toutefois à la Corvette de rester au contact. Lors du dernier arrêt, Charlie Eastwood ressortait avec une infime avance d'une seconde seulement sur Sebastian Priaulx. Dans le dernier relais, l'Irlandais faisait parler son expérience et creusait progressivement l'écart. Contraint d'économiser son carburant pour éviter un ultime ravitaillement, Priaulx perdait finalement plusieurs positions.
La BMW M4 GT3 EVO n°69 du Team WRT en profitait pour s'emparer de la deuxième place, tandis que Richard Lietz offrait la troisième position à la Porsche Manthey n°92 après une belle lutte face à la Ford n°88 de Logan Sargeant.
Après 219 tours, la Corvette n°34 s'imposait avec plus de huit secondes d'avance sur la BMW n°69, décorée aux couleurs du Brésil. Les Porsche n°92 et n°91 terminaient troisième et quatrième, devant la Ford Mustang n°88. Grâce notamment à sa victoire mancelle puis à ce nouveau succès, TF Sport conserve une solide avance au championnat LMGT3 avec 27 points d'avance sur Manthey.
Prochain rendez-vous : Austin
Le Championnat du Monde d'Endurance poursuivra sa saison aux États-Unis avec le Lone Star Le Mans, cinquième manche du FIA WEC 2026, programmée du 4 au 6 septembre sur le Circuit des Amériques à Austin. Après le spectaculaire rebond de BMW à São Paulo, la lutte pour les titres mondiaux s'annonce plus indécise que jamais.
Crédit photos : Willy CHANTELOUP / RACINGSHOOTS



